Journée internationale de l'alphabétisation
- Golda Martin
- 8 sept. 2025
- 5 min de lecture
Pour cette année 2025, l’UNESCO célèbre ce 8 septembre la journée internationale de l’alphabétisation sur le thème: « Promouvoir l’alphabétisation à l’ère numérique ».
C’est en cette occasion que j'ai crée cette affiche en m’inspirant de ce thème.

Le concept et le message
L'empreinte digitale symbolise à la fois l'individualité (chaque personne a le droit d'être alphabétisée) et la connectivité globale (l'ère numérique, le partage du savoir). La structure en réseau avec des points lumineux renforce l'idée de connexion, de savoir partagé, et d'un monde numériquement interconnecté.
Le message est clair "à l'ère du numérique, l'alphabétisation n'est plus seulement savoir lire et écrire, mais aussi comprendre et interagir avec le monde digital.
Les Chiffres
En 2022, selon l'Insee, environ 1,4 million de personnes âgées de 18 à 64 ans ayant été scolarisées en France se trouvent en situation d'illettrisme. Cela représente 4 % de la population.
Il est important de distinguer l'illettrisme de l'analphabétisme :
L'illettrisme concerne les personnes qui ont été scolarisées en France mais n'ont pas acquis (ou ont perdu) la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul pour être autonomes dans les situations de la vie courante.
L'analphabétisme concerne les personnes qui n'ont jamais été scolarisées et ne savent donc ni lire ni écrire.
De manière plus générale, on estime qu'un adulte sur dix en France métropolitaine rencontre des difficultés dans les domaines fondamentaux de l'écrit.
Le public le plus impacté

L'illettrisme touche davantage certains groupes de la population. Les facteurs de risque sont souvent cumulatifs :
L'âge : Les personnes âgées de 45 à 64 ans sont plus concernées. Les compétences écrites et de calcul ont tendance à s'éroder avec le temps si elles ne sont pas pratiquées.
Le niveau de diplôme : C'est un facteur déterminant. Les personnes peu ou pas diplômées sont beaucoup plus touchées. Par exemple, 35 % des personnes sans aucun diplôme ou ayant un brevet des collèges sont en situation de difficulté à l'écrit.
Le lieu de résidence : Le taux d'illettrisme est plus élevé dans les départements d'outre-mer et dans les quartiers de la politique de la ville (QPV).
Le milieu social d'origine : Les personnes dont les parents sont peu ou pas diplômés sont également plus exposées au risque d'illettrisme.
Les solutions mises en place
La lutte contre l'illettrisme est une priorité nationale, et de nombreux acteurs travaillent ensemble pour proposer des solutions.
Au niveau de l'Éducation Nationale :
la prévention est essentielle. L'école se mobilise dès le plus jeune âge pour détecter les difficultés et renforcer l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul. Des dispositifs d'accompagnement personnalisé et "Devoirs faits" sont mis en place au collège.
Pour les adultes :
l'Agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme (ANLCI) joue un rôle central de coordination entre les différents acteurs (associations, entreprises, administrations). Elle sensibilise le public et propose des outils et des ressources.
Des formations et ateliers spécifiques sont proposés aux adultes (Éducation pour tous, lutte contre l'illettrisme, Lutte contre l'illettrisme et socle de connaissance et de compétences). Ces formations sont adaptées et visent à développer les compétences de base pour retrouver une autonomie dans la vie quotidienne et professionnelle.
Les structures d'accompagnement comme Pôle emploi (désormais France Travail), les Missions Locales ou les centres de formation professionnelle orientent et financent des parcours de remédiation.
Le soutien aux familles Des actions éducatives familiales sont mises en place pour aider les parents en situation d'illettrisme à accompagner la scolarité de leurs enfants.
Mobilisation des entreprises et des territoires :
de plus en plus d'entreprises et de collectivités locales s'engagent dans des démarches pour repérer et accompagner leurs salariés en difficulté, car l'illettrisme a un impact direct sur l'emploi et l'évolution professionnelle.
L'illettrisme reste un défi en France, mais des efforts significatifs sont faits pour le réduire, avec des solutions de prévention à l'école et de formation pour les adultes, en ciblant notamment les publics les plus vulnérables.
N.B : A ne pas négliger aussi " l'illectronisme" qui est la difficulté ou l'incapacité que rencontre une personne à utiliser les outils numériques et les ressources qui y sont associées. C'est un néologisme, c'est-à-dire un mot nouveau, créé à partir des termes "illettrisme" et "électronique".
Alors, comment "promouvoir l’alphabétisation à l’ère numérique" ?
Pour cette journée internationale de l'alphabétisation quelles solutions adopter pour améliorer l'apprentissage à l'ère numérique ? C'est un défi complexe, mais il y a plusieurs approches prometteuses. Ces propositions sont élargies au niveau mondial, il est important de pouvoir les adapter selon la région, les besoins, les moyens, etc.

Voici 4 solutions possibles :
1.) Utiliser des technologies mobiles et de l'intelligence artificielle
Les téléphones portables sont de plus en plus répandus, même dans les régions où l'accès aux infrastructures traditionnelles est limité. On peut s'en servir pour proposer des solutions d'apprentissage de l'alphabétisation.
Applications d'apprentissage ludiques et adaptatives : Créer des applications qui utilisent des jeux et des défis pour enseigner la lecture et l'écriture. Des applications adaptées au rythme de l'utilisateur grâce à l'intelligence artificielle, ce qui offre une expérience personnalisée et engageante. Elles peuvent aussi fonctionner hors ligne, ce qui est crucial pour les zones à faible connectivité.
Chatbots éducatifs : Développer des chatbots qui peuvent aider les apprenants en leur répondant en temps réel sur des questions de vocabulaire, de grammaire ou de prononciation. Ils peuvent aussi proposer des exercices de conversation pour améliorer la fluidité.
Reconnaissance vocale et synthèse vocale : Ces technologies peuvent aider les apprenants à prononcer correctement des mots et à écouter la lecture de textes. C'est un atout majeur pour les personnes qui n'ont pas de tuteur ou d'enseignant disponible.

2.) Former des formateurs et des tuteurs à l'utilisation des outils numériques
Les technologies sont des outils, mais les personnes qui les utilisent sont tout aussi importantes. Il est crucial de former des enseignants et des bénévoles à la bonne utilisation de ces ressources.
Programmes de mentorat hybrides : Mettre en place des programmes qui combinent des sessions en personne avec l'utilisation d'outils numériques. Par exemple, des tuteurs peuvent se servir de tablettes ou d'ordinateurs pour suivre la progression de leurs élèves et leur proposer des contenus adaptés.
Cours de formation en ligne pour les formateurs : Offrir des cours gratuits ou à faible coût qui enseignent aux formateurs comment intégrer efficacement les technologies dans leurs leçons d'alphabétisation.

3.) Créer des contenus locaux et multilingues
Pour être efficaces, les outils et les ressources numériques doivent être pertinents pour les communautés qu'ils servent.
Numérisation de contes et de traditions locales : Transformer les histoires orales, les chants et les traditions culturelles en livres numériques ou en applications. Cela rend l'apprentissage plus pertinent et plus motivant.
Contenus en langues locales : Traduire les applications et les ressources éducatives dans les langues maternelles des apprenants. L'apprentissage est beaucoup plus facile et plus rapide lorsqu'il commence dans une langue familière.
Plateformes de création de contenu : Mettre à disposition des plateformes faciles à utiliser qui permettent aux membres des communautés de créer leurs propres histoires et de les partager.

4.) Renforcer les infrastructures et les partenariats
Même les meilleures applications ne peuvent rien sans un accès minimum à l'électricité et à la connectivité.
Points d'accès communautaires : Mettre en place des centres d'apprentissage communautaires équipés d'ordinateurs, de tablettes et d'un accès à Internet. Ces lieux peuvent servir de bibliothèques numériques et de centres de formation.
Partenariats public privé : Collaborer avec des entreprises de télécommunications pour qu'elles offrent un accès Internet gratuit ou à faible coût dans les écoles et les centres d'apprentissage.

Ces propositions ne sont que quelques pistes, mais elles illustrent comment le numérique peut être un levier puissant pour résoudre le problème de l'alphabétisation mondiale.
Il est important de se rappeler qu'il n'y a pas de solution universelle ; la meilleure approche dépendra toujours des besoins spécifiques de chaque communauté.
Alors, prêt à relever le défi ?
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